Maganimo

Pourquoi les chiens se secouent-ils même sans être mouillés ? On a enfin une explication

Pourquoi les chiens se secouent-ils même sans être mouillés ? On a enfin une explication
Par Claire Lemoine
Journaliste

Un chien peut se secouer même lorsqu’il est sec pour diverses raisons : réflexe hérité de ses ancêtres, réaction à une gêne physique ou expression de ses émotions. Cette action est commandée par un mécanisme neurologique précis et n’est pas uniquement liée à l’humidité. Si le geste reste naturel la plupart du temps, une fréquence anormale ou localisée doit alerter sur un éventuel problème de santé ou une source de stress.

Les origines de l'ébrouement chez le chien

Le fait qu'un chien secoue brusquement son pelage, même lorsqu’il n’est pas mouillé, est un comportement observé chez de nombreux individus, quels que soient l’âge ou la race. Ce geste, que l’on croit souvent réservé à la sortie du bain ou après une balade sous la pluie, trouve ses racines bien plus loin dans l’histoire de l’espèce. Les chercheurs s’accordent à dire que l’ébrouement est un réflexe hérité des premiers canidés, apparu durant la préhistoire.

À cette époque, l’eau accumulée sur le pelage pouvait représenter un danger réel : l’humidité augmentait le risque d’hypothermie en cas de températures basses et ralentissait les animaux exposés à un prédateur. C’est donc par nécessité de survie que le réflexe d’expulsion de l’eau via de puissantes secousses s’est implanté dans l’évolution du chien domestique. L’ébrouement a démontré son efficacité : en quelques secondes, un chien de taille moyenne expulse une large majorité de l’eau retenue entre ses poils. Ce comportement est partagé par d’autres mammifères possédant une fourrure, comme les souris ou les ours, soulignant sa dimension universelle et adaptative.

Un comportement aux multiples déclencheurs

Ce geste ne s’explique pas uniquement par la présence d’eau. Les observations montrent que de nombreux chiens s’ébrouent dans des contextes variés, parfois en l’absence totale d’humidité. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce réflexe :

  • Une sensation de gêne physique, telle que la présence d’un parasite, d’une croûte, d’un brin d’herbe ou d’un petit corps étranger coincé dans le pelage ou l’oreille.
  • Un besoin de soulagement ou de stimulation, lorsque le chien ne peut pas accéder à la zone concernée autrement.
  • Un épisode émotionnel : stress, surexcitation, nervosité ou agitation soudaine peuvent pousser le chien à se secouer vivement, comme pour retrouver un équilibre interne.
  • Un besoin physiologique de « relancer » l’organisme, notamment au réveil. Ce mouvement brusque aide à stimuler la circulation sanguine et à mobiliser la musculature après un repos prolongé.

D’un point de vue scientifique, ce réflexe est coordonné par le système nerveux du chien. Des études ont mis en évidence la responsabilité de certains mécanorécepteurs présents dans la peau et de gènes, comme Piezo2, qui interviennent dans la transmission du toucher et de l’irritation cutanée. Cette cascade de réactions permet au chien de percevoir précisément les stimulations justifiant le comportement d’ébrouement.

Points de vigilance et conseils

Dans la majorité des cas, l’ébrouement chez un chien, mouillé ou non, reste un comportement normal intégré à son quotidien. Les propriétaires doivent toutefois être attentifs à la fréquence, à la localisation et aux circonstances des secousses. Une répétition excessive, notamment ciblée sur la tête ou les oreilles, peut signaler :

  • Une otite ou une infection des conduits auditifs
  • La présence de parasites (tiques, puces) ou d’un corps étranger
  • Une affection dermatologique

Par ailleurs, si l’ébrouement s’accompagne de changements d’attitude (apathie, agressivité, gémissements), il convient de consulter un vétérinaire pour exclure tout trouble sous-jacent. Enfin, chez les chiens particulièrement stressés ou anxieux, ce geste peut marquer un besoin d’apaisement après une stimulation forte (conflit, bruit soudain, situation inhabituelle). Selon le contexte, une consultation auprès d’un comportementaliste animalier peut apporter des solutions pour limiter le mal-être. L’ébrouement apparaît donc comme un marqueur révélateur du bien-être physique et émotionnel du chien, et une attention régulière de la part du maître permet de prévenir l’apparition de problèmes plus graves.

Claire Lemoine Claire Lemoine
Journaliste

Passionnée par la vie sauvage, les écosystèmes fragiles et la relation entre l’humain et le vivant, Claire Lemoine est journaliste depuis plus de 12 ans... Voir le profil

5
1 avis
100% Des lecteurs ont trouvé cet article utile
Arrière-plan

Abonnez-vous !

Recevez chaque jour des conseils d'experts pour prendre soin de votre animal de compagnie.

*Votre adresse email sera utilisée par Digital Prisma Players pour vous envoyer votre newsletter contenant des offres commerciales personnalisées. Elle pourra également être transférée à certains de nos partenaires, sous forme pseudonymisée, si vous avez accepté dans notre bandeau cookies que vos données personnelles soient collectées via des traceurs et utilisées à des fins de publicité personnalisée. A tout moment, vous pourrez vous désinscrire en utilisant le lien de désabonnement intégré dans la newsletter et/ou refuser l’utilisation de traceurs via le lien « Préférences Cookies » figurant sur notre service. Pour en savoir plus et exercer vos droits , prenez connaissance de notre Charte de Confidentialité.